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Audience 2.0 : le temps

Après avoir analysé l'impact du web 2.0 sur la notion de visiteur unique, je continue mon tour des indicateurs de la mesure d'audience du web 2.0.

Le temps passé est devenu la ressource rare sur Internet. Tout le monde cherche à gagner la plus grande part du gâteau : le temps de l'internaute. Ce temps, il le gagne sur d'autres média (la télévision notamment). Mais la guerre entre les sites fait rage pour accaparer au maximum l'attention des internautes.

Ce qui change avec le web 2.0, c'est que le temps devient tellement central, qu'on ne peut plus se contenter de l'ancienne façon de le mesurer. Il y avait jusqu'à présent deux méthodes : les panels et les outils installés dans les sites.

Dans les panels (c'était notre ancien métier), on installait un logiciel sur l'ordinateur d'internautes volontaires. Qui dit logiciel, dit possibilités illimitées. On a donc pu affiner la mesure du temps en prenant en compte :

  • la page (on parlait encore de page) est-elle visible ?
  • le panéliste est-il en train d'utiliser son ordinateur ?
Ceci nous a permis de donner une définition plutôt simple et complète du temps passé sur une page : période pendant laquelle la page est visible ET l'utilisateur de l'ordinateur est actif.

A cette époque reculée (je vous parle d'il y a un siècle, en 2005), les outils installés sur les sites calculaient le temps d'une manière plus frustre. Le temps d'affichage d'une page s'obtenait en mesurant la différence d'heure d'affichage de la page et celle de la page suivante.

Que l'internaute soit immédiatement reparti en arrière (sur un autre site), qu'il se soit absenté quelques minutes assouvir un besoin pressant, ou qu'il ait basculé sur Excel pour faire ses comptes, rien de tout cela n'était pris en compte. Il y avait bien des méthodes a posteriori pour limiter le temps d'affichage d'une page (moins de 30 minutes, ou en fonction de la moyenne et de l'écart-type de l'affichage de cette même page par les autres internautes). Mais ça n'allait jamais très loin. Cette mesure était toujours surestimée, et pire encore, on n'était même pas capables de savoir de combien elle était surestimée.

Lorsque nous (Nicolas et moi) sommes passés des panels aux outils installés sur les sites, ça nous aurait, comme on dit, trop fait mal aux fesses de régresser, et de faire moins bien que ce qu'on faisait auparavant.

Or, avec le web 2.0, sont apparus les outils du web 2.0. Et l'évolution technologique est venue nous permettre de porter la même définition, celle des panels, dans notre outil sur site.

La seule différence, c'est que l'on parle de contenus, et non de pages (je ferai un billet sur la notion de contenu, mais sachez que, dans la plupart des cas, un contenu correspond à la page dans laquelle il est affiché).

Donc : "le temps passé sur un contenu est la période pendant laquelle le contenu est visible ET l'utilisateur de l'ordinateur est actif".

A partir du moment où on a une définition fiable de la notion de temps, et que les outils permettent de la mesurer exactement le temps réellement passé, le temps peut devenir l'indicateur central du web 2.0.

Pourquoi ne l'était-il pas jusqu'à présent ? Parce que les publicités s'achetaient à la page vue, que les outils sur sites savent mesurer, alors qu'ils surestiment toujours le temps passé.

Le temps aura réellement gagné, le jour où la publicité s'achètera au temps passé.

Dans un prochain épisode, une démo vous prouvera que c'est possible....