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Audience : les visites

Après avoir milité pour l'éradication des pages vues, pour l'utilisation du temps passé à la place, je vais m'énerver un peu sur la notion de visite.

Qu'est-ce qu'une visite ? Hé bien, c'est là tout le problème.

La visite sur Internet n'a pas de définition précise. Ou plutôt, elle a plein de définitions.

Dans les panels, on utilise une période d'inactivité Internet de plus de 30 minutes.
OK, mais ce n'est pas si simple :

  • l'utilisateur doit-il être devant son écran ?
  • doit-on prendre en compte les lectures d'email ?
  • et si la page se rafraichit automatiquement ?
  • et si on regarde une vidéo pendant une heure ?
Bref, dans le meilleur cas (les panelistes ont un logiciel installé qui peuvent tout mesurer), il y a des choix à faire, et tout le monde ne fait pas les mêmes.

Dans les outils de mesure "site-centric", c'est pire !
On ne voit que les requêtes qui sont faites sur le site mesuré. Donc si le visiteur part sur un autre site et revient après une heure, on n'a aucun moyen de savoir si la session a été interrompue ou non… Elle ne correspond donc pas à la visite mesurée par les panels.

De plus, avec nos connexions permanentes, on utilise Internet de façon plus hachée qu'auparavant. On arrête sa navigation pour aller faire une course, on la reprend, etc. Trente minutes d'inactivité n'est plus significatif.

Donc aujourd'hui, la notion de visite ne veut rien dire.

Pourtant, c'est une notion intéressante. Mais ce qu'il y a d'intéressant, ce n'est pas le mot "visite", mais l'idée de la fréquence.

Les panels consommateurs, ceux qui mesurent ce que les foyers achètent, utilisent trois indicateurs indépendants pour expliquer le chiffre d'affaires d'un produit :

  • le nombre d'acheteurs (1)
  • la fréquence des achats (2)
  • le montant moyen par achat (3)
Multipliez 1 par 2 par 3 et vous obtenez le chiffre d'affaires ! Et vous avez trois méthodes pour l'augmenter selon l'indicateur sur lequel vous agissez.

Sur Internet, on a la même chose :

  • les visiteurs (uniques de préférence)
  • la fréquence des visites (je n'ai pas dit "les visites")
  • le temps passé par unité de fréquence
Et vous pouvez jouer sur chaque indicateur pour faire augmenter le temps total :
  • recruter de nouveaux visiteurs
  • mettre à jour le site pour que l'on y vienne souvent
  • fournir du contenu intéressant pour qu'on y reste longtemps.
La fréquence a donc aussi du sens sur Internet. Alors quelle définition utiliser ?

Chez Alenty, nous avons opté pour une notion simple : le jour.

Cette notion n'est pas impactée par le mode de mesure. La définition peut, au plus, s'affiner en faisant commencer les journées au moment où il y a le moins de monde (comme pour la télévision), à 5 heures du matin.

Nos outils fournissent donc :

  • le nombre de visiteurs (aussi uniques que possible)
  • le nombre de jours
  • la durée par jour
Certains outils qui reconnaissent la difficulté de mesurer les visiteurs uniques s'appuient sur une notion de visiteur. Et quelle est-elle ? Un visiteur unique par jour. Donc, au pire, si on mesure mal les VU, le nombre de jours et la durée par jour viennent équilibrer le tout.

Et on en revient à la seule information vraiment stable et comparable : le temps passé !