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Via Fred Cavazza, j'ai pu voir l'émission de Direct 8 sur l'identité numérique dont je n'avais vu en direct que les 20 dernières secondes. Dans cette émission, l'avocat Alain Bensoussan pose bien la différence entre identité numérique et personnalité numérique.
Pour résumer, l'identité concerne ce qui peut toucher la personne physique, celle du monde "moléculaire", à laquelle est reliée un nom, une adresse. La personnalité regroupe tout un ensemble d'attributs qui se rattachent à une identité : ce que je dis, ce que je lis, ce que j'écoute, ce que j'aime, ce que j'achète, etc.
Dans le monde des études, on reçoit souvent l'insulte "Big Brother". Les sociétés de panels recrutent des volontaires qui installent un logiciel espion (osons le mot) qui enregistre toutes leurs actions sur Internet. Une vraie société d'études vend ensuite des statistiques anonymes, et aucune information personnelle. Celles qui vendent des adresses email ou d'autres informations personnelles (liées à l'identité) ne doivent pas être appelées instituts d'études.
La limite entre les études et l'espionnage se joue sur la réelle volonté des panelistes à participer à l'étude et sur l'utilisation qui sera faite des données. Les sociétés qui fournissent des outils dits site-centric, c'est-à-dire qui enregistrent le comportement d'un visiteur de site, peuvent subir les mêmes critiques. Mais, pour reprendre la distinction d'Alain Bensoussan, elles enregistrent des données de personnalité et non d'identité. Car elles ne permettent pas de remonter au nom, à l'adresse physique (l'adresse IP peut parfois constituer une preuve d'identité, mais c'est un débat en soi). Ce qui compte, c'est la description de la personnalité : les lectures, les goûts, etc. Parallèlement, nous avons la chance, en tant qu'individus vivant en France, de bénéficier de la loi la plus protectrice au monde en matière de confidentialité.
Dans l'émission, le rappel des droits des usagers du futur carnet de santé est édifiant : nous sommes propriétaires de toutes nos données personnelles. Un institut d'étude aurait tout à gagner à donner les mêmes droits aux personnes qu'il "trace", "suit", "mesure" ou "espionne" (choisissez le terme que vous préférez). Et ce, même si la législation du pays dans lequel il opère ne l'y oblige pas.
Pourquoi ?
Parce qu'il est de l'intérêt de l'institut d'études que l'individu comprenne qu'il est de son propre intérêt de laisser des traces :
La limite entre les études et l'espionnage se joue sur la réelle volonté des panelistes à participer à l'étude et sur l'utilisation qui sera faite des données. Les sociétés qui fournissent des outils dits site-centric, c'est-à-dire qui enregistrent le comportement d'un visiteur de site, peuvent subir les mêmes critiques. Mais, pour reprendre la distinction d'Alain Bensoussan, elles enregistrent des données de personnalité et non d'identité. Car elles ne permettent pas de remonter au nom, à l'adresse physique (l'adresse IP peut parfois constituer une preuve d'identité, mais c'est un débat en soi). Ce qui compte, c'est la description de la personnalité : les lectures, les goûts, etc. Parallèlement, nous avons la chance, en tant qu'individus vivant en France, de bénéficier de la loi la plus protectrice au monde en matière de confidentialité.
Dans l'émission, le rappel des droits des usagers du futur carnet de santé est édifiant : nous sommes propriétaires de toutes nos données personnelles. Un institut d'étude aurait tout à gagner à donner les mêmes droits aux personnes qu'il "trace", "suit", "mesure" ou "espionne" (choisissez le terme que vous préférez). Et ce, même si la législation du pays dans lequel il opère ne l'y oblige pas.
Pourquoi ?
Parce qu'il est de l'intérêt de l'institut d'études que l'individu comprenne qu'il est de son propre intérêt de laisser des traces :
- il aura une chance de ne recevoir que des publicités qui peuvent l'intéresser (sinon, il recevra des publicités quand même, mais si peu ciblées qu'elles représenteront une gêne)
- il pourra découvrir des produits ou des personnes nouvelles qui partagent les mêmes goûts que lui
- il pourra gagner en visibilité lorsqu'il s'exprime...
- si l'individu reste maître de ses données personnelles
- s'il peut séparer son profil (la réunion de ses données personnelles) de son identité
- si ces données ne peuvent pas être reliées à son identité (au sens précisé plus haut) sans son accord
- si l'individu peut demander à les détacher de son profil
- s'il peut demander qu'elles ne soient dans le futur plus reliées à son profil lorsqu'il visite tel ou tel site
- si l'individu peut demander la création de plusieurs profils (un profil professionnel, un profil pour son hobby, son profil pour sa famille) et y associer les données qu'il choisit
- si au sein de chacun de ces profils, l'individu a intérêt à laisser des traces.