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J'ai regardé hier l'excellente émission Arrêt sur Images qui parlait, entre autres, du blog de Ségolène Royal. Ce n'est pas l'envie qui me manque de parler de ce blog, de la démocratie participative, et de la détresse de Paul Nahon, directeur de l'information de France Télévision, qui avoue ne pas avoir de "de pistes de solutions" à propos des relations entre les journalistes et les blogs. Mais je garde ça pour plus tard, ça mérite certainement une série d'articles...
A la fin de l'émission, une jeune journaliste, Chloé Delaume, se fait la porte-parole des réactions de spectateurs sur le blog de France 5. Et là, on sent que l'exercice n'est pas un moment de plaisir pour le présentateur de l'émission, Daniel Schneidermann.
Tout d'abord, il faut affirmer haut et fort que la démarche de Schneidermann s'inscrit parfaitement dans l'esprit de son émission. Lorsqu'on s'attache à analyser l'impact des média (la télévision principalement), on se doit, c'est selon moi même une obligation, de s'ouvrir aux remontées d'informations des spectateurs, voire à leurs critiques.
Dans une émission de télévision, on peut donner la parole à des spectateurs par téléphone, voire par visiophone. Mais dans ces cas, la sélection se fait a priori, au standard, et il est difficile de juger de la pertinence de la contribution. La formule choisie, une journaliste épluche le blog, synthétise les remarques et les présente en s'appuyant sur des exemples concrets, me paraît à la fois novatrice, intelligente et efficace. Le présentateur qui "reçoit" ces remarques, visiblement sans en avoir été briefé à l'avance, a l'air de se rendre compte qu'il a ouvert une boite de Pandore.
Bref aparté mythologique, Pandore a reçu de Zeus une boite qui contenait tous les maux des humains ; curieuse, elle l'a ouverte, libérant la vieillesse, la tromperie, la folie… Regrettant son geste, elle referme la boite, mais trop tard (source Wikipedia. On a l'impression qu'ouvrir ses lignes à sa communauté, c'est ouvrir une boite de Pandore. On va s'en prendre plein les dents, parfois et souvent même, à tord. Alors, faut-il ouvrir la boite ?
Oui, oui, trois fois oui. Premièrement, cela donne une voie (et une voix) de retour aux critiques formulées par les spectateurs. Même si certaines remarques sont injustifiées, elles dénotent autant un ressenti que des faits avérés. Donc, si le spectateur a mal compris, c'est peut-être aussi que le message n'a pas été formulé clairement. Au présentateur de rectifier le tir, et de reformuler ce qui a été mal perçu. Ensuite, cette mise à plat des critiques, même si elle ne peut pas disposer de tout le temps nécessaire à l'antenne, renforce la crédibilité de l'émission et la confiance qu'on peut avoir dans les informations qu'elle apporte. Et c'est fondamental lorsque le but de l'émission est une introspection médiatique. C'est déjà bien qu'une telle émission existe, mais comment ne pas penser que les média cherchent à s'auto-justifier par son biais ? En ouvrant la boite de Pandore. Les critiques des internautes viennent paradoxalement renforcer la crédibilité de l'émission et de son présentateur ! Enfin, il faut garder à l'esprit que ces critiques se seraient exprimées de toute façon sur Internet. Ceux qui les profèrent ont envie de s'exprimer, car il est naturel de parler. Et sans le forum de l'émission, ils l'auraient fait sur leur propre blog, ou par email,etc. Ils auraient eu de l'impact, lequel aurait été difficile à mesurer par France 5, puisqu'extérieur à son site. Arrêt sur Image n'aurait pas été alerté, ou n'aurait pas jugé bon de s'intéresser à ces critiques, si elles avaient été formulées sur le blog perso de monsieur Machin. Et il n'y aurait pas eu de retour, de reformulation, d'explication de Monsieur Schneidermann.
L'incompréhension aurait perduré, la rumeur se serait peut-être amplifiée. En ouvrant la boite de Pandore, Monsieur Schneidermann a pu se sentir égratigné, certes, mais il a ramené le débat à lui, il a saisi une opportunité de dialoguer. Ce n'est pas une boite de Pandore qui a été ouverte, mais la porte d'un salon de discussion.
Dans une émission de télévision, on peut donner la parole à des spectateurs par téléphone, voire par visiophone. Mais dans ces cas, la sélection se fait a priori, au standard, et il est difficile de juger de la pertinence de la contribution. La formule choisie, une journaliste épluche le blog, synthétise les remarques et les présente en s'appuyant sur des exemples concrets, me paraît à la fois novatrice, intelligente et efficace. Le présentateur qui "reçoit" ces remarques, visiblement sans en avoir été briefé à l'avance, a l'air de se rendre compte qu'il a ouvert une boite de Pandore.
Bref aparté mythologique, Pandore a reçu de Zeus une boite qui contenait tous les maux des humains ; curieuse, elle l'a ouverte, libérant la vieillesse, la tromperie, la folie… Regrettant son geste, elle referme la boite, mais trop tard (source Wikipedia. On a l'impression qu'ouvrir ses lignes à sa communauté, c'est ouvrir une boite de Pandore. On va s'en prendre plein les dents, parfois et souvent même, à tord. Alors, faut-il ouvrir la boite ?
Oui, oui, trois fois oui. Premièrement, cela donne une voie (et une voix) de retour aux critiques formulées par les spectateurs. Même si certaines remarques sont injustifiées, elles dénotent autant un ressenti que des faits avérés. Donc, si le spectateur a mal compris, c'est peut-être aussi que le message n'a pas été formulé clairement. Au présentateur de rectifier le tir, et de reformuler ce qui a été mal perçu. Ensuite, cette mise à plat des critiques, même si elle ne peut pas disposer de tout le temps nécessaire à l'antenne, renforce la crédibilité de l'émission et la confiance qu'on peut avoir dans les informations qu'elle apporte. Et c'est fondamental lorsque le but de l'émission est une introspection médiatique. C'est déjà bien qu'une telle émission existe, mais comment ne pas penser que les média cherchent à s'auto-justifier par son biais ? En ouvrant la boite de Pandore. Les critiques des internautes viennent paradoxalement renforcer la crédibilité de l'émission et de son présentateur ! Enfin, il faut garder à l'esprit que ces critiques se seraient exprimées de toute façon sur Internet. Ceux qui les profèrent ont envie de s'exprimer, car il est naturel de parler. Et sans le forum de l'émission, ils l'auraient fait sur leur propre blog, ou par email,etc. Ils auraient eu de l'impact, lequel aurait été difficile à mesurer par France 5, puisqu'extérieur à son site. Arrêt sur Image n'aurait pas été alerté, ou n'aurait pas jugé bon de s'intéresser à ces critiques, si elles avaient été formulées sur le blog perso de monsieur Machin. Et il n'y aurait pas eu de retour, de reformulation, d'explication de Monsieur Schneidermann.
L'incompréhension aurait perduré, la rumeur se serait peut-être amplifiée. En ouvrant la boite de Pandore, Monsieur Schneidermann a pu se sentir égratigné, certes, mais il a ramené le débat à lui, il a saisi une opportunité de dialoguer. Ce n'est pas une boite de Pandore qui a été ouverte, mais la porte d'un salon de discussion.