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L'économie, c'est la science de la gestion des ressources rares.
L'économie publicitaire sur Internet consiste à tirer profit d'une ressource rare. Cette ressource n'est pas la page vue (cette notion n'existe plus), on peut artificiellement multiplier à l'infini le nombre de pages vues sur Internet.
Non, la ressource rare, celle pour laquelle les annonceurs, les sites éditoriaux, et même les réseaux de distribution se battent, c'est le temps de l'Internaute. L'intérêt d'avoir travaillé dans le milieu des statistiques (chez feue NetValue puis NetRatings), c'est l'on peut suivre l'évolution des usages au fil des années.
On voit se réaliser aujourd'hui les prédictions de 1999 : l'Internet est devenu un média de masse (entre 50% et 70% d'usage dans les pays riches), les internautes y consacrent plusieurs heures par jour (le record que j'ai pu mesurer reste détenu par un Hong-Kongais qui passait en moyenne 8 heures par jour, tous les jours sur un site de tchat). Mais il faut bien dormir, se nourir, travailler, et rencontrer de vrais humains. Le temps passé sur Internet n'est donc pas extensible à l'infini.
Déjà, des études mettent en évidence un phagocytage du temps passé devant la télévision au profit de l'Internet. Bientôt, le temps total Internet (nombre d'internautes multiplié par le temps par internaute) sera stabilisé. Alors, le temps de l'internaute deviendra la ressource rare de l'Internet. Alors, les sites rivaliseront d'ingéniosité pour attirer et garder les internautes sur leur contenu (je n'ai pas dit "pages"). Si l'industrie continue d'utiliser une notion technique, dépassée et inadaptée, la page vue, comme monnaie de son système économique, elle ne sera plus en phase avec ce qu'elle cherche à mesurer et à comprendre.
Un peu comme si les économistes modernes continuaient de fonder leurs analyses sur le cours de l'or.
Non, la ressource rare, celle pour laquelle les annonceurs, les sites éditoriaux, et même les réseaux de distribution se battent, c'est le temps de l'Internaute. L'intérêt d'avoir travaillé dans le milieu des statistiques (chez feue NetValue puis NetRatings), c'est l'on peut suivre l'évolution des usages au fil des années.
On voit se réaliser aujourd'hui les prédictions de 1999 : l'Internet est devenu un média de masse (entre 50% et 70% d'usage dans les pays riches), les internautes y consacrent plusieurs heures par jour (le record que j'ai pu mesurer reste détenu par un Hong-Kongais qui passait en moyenne 8 heures par jour, tous les jours sur un site de tchat). Mais il faut bien dormir, se nourir, travailler, et rencontrer de vrais humains. Le temps passé sur Internet n'est donc pas extensible à l'infini.
Déjà, des études mettent en évidence un phagocytage du temps passé devant la télévision au profit de l'Internet. Bientôt, le temps total Internet (nombre d'internautes multiplié par le temps par internaute) sera stabilisé. Alors, le temps de l'internaute deviendra la ressource rare de l'Internet. Alors, les sites rivaliseront d'ingéniosité pour attirer et garder les internautes sur leur contenu (je n'ai pas dit "pages"). Si l'industrie continue d'utiliser une notion technique, dépassée et inadaptée, la page vue, comme monnaie de son système économique, elle ne sera plus en phase avec ce qu'elle cherche à mesurer et à comprendre.
Un peu comme si les économistes modernes continuaient de fonder leurs analyses sur le cours de l'or.