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Dans son livre La Sagesse des foules, James Surowiecki arrive à la conclusion qu'il faut réunir plusieurs conditions pour que les foules soient efficaces :
Un contre-exemple instructif est explicité dans le livre, grâce aux minutes des débats de la NASA. La question était de savoir si le bouclier thermique de la navette Columbia avait été endommagé lors du décollage. Ceux qui craignaient une catastrophe ont été muselés par le sentiment général et le poids de la hiérarchie.
Mais l'indépendance, c'est aussi, à titre individuel, savoir raisonner indépendamment des schémas de pensée que l'on a toujours appliqués et sans a priori... La diversité me paraît un point fondamental. On sait que les bons brainstormings regroupent des personnes aux profils les plus divers. Organisez un brainstorming avec vos clônes, vous n'aurez pas plus d'idées que tout seul.
Pourquoi la diversité est-elle si importante ? Parce qu'elle multiplie les possibilités, parce qu'elle donne une chance à l'originalité. Ensuite, les processus d'agrégation (voir plus bas) décideront de ce qui sera fait de ces idées originales, mais au moins, elles auront eu voix dans le débat.
Surowiecki parle de l'échec de la baie des cochons, car les décisions militaires étaient prises "dans une curieuse atmosphère de consensus assumé". Selon moi, on peut dire la même chose des décisions d'envahir l'Irak, qui n'ont tenu compte que des avis des cercles proches de Bush. Wikipedia parle de la décentralisation, mais j'y vois trop de similitudes avec la diversité pour les séparer ici. Cela revient à dire qu'il faut avoir des sources d'information locales, donc précises et différentes. Les processus d'agrégation restent à mon avis un sujet épineux.
Cela va en effet de la démocratie pure (une personne égale un vote) à la dictature (le PDG décide de tout, et tout seul). Entre ces extrêmes, on trouve des mécanismes statistiques plus ou moins compliqués.
J'ai déjà parlé des marchés de prédiction dans lesquels les avis sont agrégés comme les cours des actions grâce à des achats et des ventes de probabilités. Je trouve la méthode trop compliquée pour espérer lui trouver des applications grand public.
La cas du sous-marin dont je parlais dans l'article précédent mettait en oeuvre une méthode statistique (réseaux bayésiens) qui mériterai que je m'y plonge.
Je n'ai pas vu de méthode qui reposeraient sur des moyennes pondérées, tout simplement. On sait que dans certains cas, le vote démocratique ne donne pas de bons résultats (certaines questions ne peuvent être traitées que par des experts). Par exemple, nous faisons confiance à nos députés pour voter des lois pour nous, et eux mêmes se reposent sur les travaux de groupes de députés plus experts pour étudier des dossiers très pointus.
Alors je lance l'idée ici, quid de calculs de moyennes pondérées par des coefficients d'expertise ? Il y a de nombreuses méthodes pour estimer l'expertise, alors pourquoi ne pas utiliser de tels calculs pour agréger des opinions diverses de valeur diverse ? On laisserait ainsi s'exprimer la diversité des opinions, tout en tenant plus compte de l'avis des experts.
A suivre…
- l'indépendance des opinions
- la diversité des acteurs
- le fait qu'il existe des processus d'agrégation
Un contre-exemple instructif est explicité dans le livre, grâce aux minutes des débats de la NASA. La question était de savoir si le bouclier thermique de la navette Columbia avait été endommagé lors du décollage. Ceux qui craignaient une catastrophe ont été muselés par le sentiment général et le poids de la hiérarchie.
Mais l'indépendance, c'est aussi, à titre individuel, savoir raisonner indépendamment des schémas de pensée que l'on a toujours appliqués et sans a priori... La diversité me paraît un point fondamental. On sait que les bons brainstormings regroupent des personnes aux profils les plus divers. Organisez un brainstorming avec vos clônes, vous n'aurez pas plus d'idées que tout seul.
Pourquoi la diversité est-elle si importante ? Parce qu'elle multiplie les possibilités, parce qu'elle donne une chance à l'originalité. Ensuite, les processus d'agrégation (voir plus bas) décideront de ce qui sera fait de ces idées originales, mais au moins, elles auront eu voix dans le débat.
Surowiecki parle de l'échec de la baie des cochons, car les décisions militaires étaient prises "dans une curieuse atmosphère de consensus assumé". Selon moi, on peut dire la même chose des décisions d'envahir l'Irak, qui n'ont tenu compte que des avis des cercles proches de Bush. Wikipedia parle de la décentralisation, mais j'y vois trop de similitudes avec la diversité pour les séparer ici. Cela revient à dire qu'il faut avoir des sources d'information locales, donc précises et différentes. Les processus d'agrégation restent à mon avis un sujet épineux.
Cela va en effet de la démocratie pure (une personne égale un vote) à la dictature (le PDG décide de tout, et tout seul). Entre ces extrêmes, on trouve des mécanismes statistiques plus ou moins compliqués.
J'ai déjà parlé des marchés de prédiction dans lesquels les avis sont agrégés comme les cours des actions grâce à des achats et des ventes de probabilités. Je trouve la méthode trop compliquée pour espérer lui trouver des applications grand public.
La cas du sous-marin dont je parlais dans l'article précédent mettait en oeuvre une méthode statistique (réseaux bayésiens) qui mériterai que je m'y plonge.
Je n'ai pas vu de méthode qui reposeraient sur des moyennes pondérées, tout simplement. On sait que dans certains cas, le vote démocratique ne donne pas de bons résultats (certaines questions ne peuvent être traitées que par des experts). Par exemple, nous faisons confiance à nos députés pour voter des lois pour nous, et eux mêmes se reposent sur les travaux de groupes de députés plus experts pour étudier des dossiers très pointus.
Alors je lance l'idée ici, quid de calculs de moyennes pondérées par des coefficients d'expertise ? Il y a de nombreuses méthodes pour estimer l'expertise, alors pourquoi ne pas utiliser de tels calculs pour agréger des opinions diverses de valeur diverse ? On laisserait ainsi s'exprimer la diversité des opinions, tout en tenant plus compte de l'avis des experts.
A suivre…